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DECLARATION DES ONG DE DAKAR

DOCTEUR GILBERT TENDENG

Le docteur Gilbert TENDENG est diplômé en ORL chirurgie cervico-faciale, titulaire d’un certificat d’études des déficiences auditives, d’un certificat d’études de la parole et du langage.  Il est chef de clinique assistant à l’hôpital Aristide Le Dantec.  Le Docteur TENDENG explique les problèmes liés à la surdité chez l’enfant au Sénégal.

Selon le Docteur Tendeng : Il y a aujourd’hui une forte incidence de la surdité dans la population du Sénégal, à l’ordre de 1% soit environ 80.000 personnes atteintes.   Et ceci n’est que le résultat d’études partielles.

Les principales causes sont de 2 ordres: Congénitales (avant la naissance) et acquises (maladies).

Les causes pré natales sont de l’ordre de 60% et sont généralement dues aux mariages consanguins hélas encore trop répandus, aux fœtopathies (maladies du fœtus) et aux embryopathies (maladies de l’embryon).  On rencontre également des cas de surdité dûs à des maladies de la mère (exemple la rubéole) ou la prise de médicament toxiques durant le premier tiers de la grossesse.  Toujours dans le domaine prénatal, les accouchements difficiles entraînant des souffrances fœtales (travail trop long, anoxie) sont des causes possibles de surdité, sans compter les traumatismes obstétricaux et la naissance prématuré.

Les causes post natales sont surtout le fait de maladies comme la méningite, endémique dans la zone sahélienne, les maladies infectieuses (oreillons, zona, céphalite, otite…)

Aujourd’hui, au vu des consultations, il est difficile de croire que la prévalence de la surdité est en baisse, même si les gens prennent de plus en plus conscience de la nécessité des vaccinations.  Un phénomène aggravant est qu’il n’y a quasiment pas de possibilité de guérir la surdité dite de transmission (congénitale).  Une bonne politique de dépistage pourrait permettre de prévenir un bon nombre de cas; hélas, au Sénégal, cette politique n’existe pas.

Lors d’une étude partielle de dépistage sur les naissances pathologiques j’ai pu constater une prévalence de 3%.  Il serait donc possible et souhaitable d’accorder une attention particulière aux accouchements difficiles.

Emmurés dans le silence, les sourds du Sénégal ne peuvent pas en général s’offrir une prothèse auditive dont le prix minimum est de 450.000 CFA (4.500 FF).

 L’ENFANT SOURD ET L’ECOLE

Il y a 2 méthodes de scolarisation qui correspondent aux 2 centres spécialisés :

  • La méthode verbo tonal employée au centre du même nom, le Centre Verbo-Tonal

  • La méthode dite de communication totale à EPHPHATA.  Hélas, la demande est très forte et les capacités d’accueil extrêmement limitées.  Que faire ?

-          Il faut augmenter les capacités des centres existants et en créer dans les régions.

-          Il faut rendre ces centres polyvalents pour permettre aux enfants d’apprendre un métier, vu que le cycle dans les centres spécialisés s’arrête à l’élémentaire.

-          Enfin il faut absolument subventionner les prothèses auditives.