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3. Le système éducatif
Selon le rapport
Dominique Gillot (secrétaire d'Etat à la santé et de l'action
sociale), 80% de la population sourde est illettrée et que seulement 5% des sourds profonds accèdent
à l'enseignement supérieur.
A l'école, les sourds scolarisés vont dans des structures d'enseignement différents
:
Etablissements Nationaux 750
Publics locaux 1250
Privées 9000
Total 11000
CLIS+enseignement élémentaire 750
Enseignement secondaire + SSEFIS ou libéral 1900
Total 2650
Un fait très important à retenir : Il y a 4 fois plus de sourds scolarisés
dans le secteur des Affaires Sociales que dans celui de l'Education Nationale. Les instituts Nationaux des jeunes
sourds, situés à Paris et à Bordeaux, ne sont pas reconnus par l'Education Nationale. C'est
l'une des raisons qui incite les Sourds de France à se battre pour que la langue des signes (LSF) soit officiellement
reconnue et pour changer le système éducatif qui leur est imposé.
A l'université, cela se reflète par la faible représentation des Sourds
dans l'enseignement supérieur.
Seuls 106 étudiants sourds ont eu accès à 16 universités en 1992, et 218 dans 48 universités
en 1993. L'accompagnement des étudiants sourds s'avère indispensable et entraîne un surcoût
de 25000 Frs, dont seulement 50% est pris en charge par l'Etat. Cela implique un taux de réussite en DEUG
(Diplôme d'Etudes Universitaires Générales)de 72% de reçus (sur 100 Sourds bien
entendu!). (DEUG = Diplôme d'études universitaires générales).
En Région d'Ile de France, selon L'ARIS (Association Régionale pour l'Intégration
des Sourds) il y aurait 22000 personnes sourdes dont 3300 sourds âgés de 18 à 25 ans et 9900
adultes représentant 13200 personnes en âge de travailler. Dans la réalité 70% de sourds
au chômage…Si le chiffre est encore à vérifier, on est au moins sûr d'une chose: Plus
de la moitié des sourds en âge de travailler sont au chômage, c'est une situation catastrophique.
Il serait intéressant d'avoir des données exactes à ce sujet, malheureusement nous n'en avons
pas. Beaucoup de ces personnes vivent d'allocations attribuées par l'Etat en fonction de leur statut.
La conclusion en ce qui concerne l'éducation des sourds, c'est qu'ils doivent faire
très attention dans le choix du métier qu'ils veulent exercer car plutôt ils savent et mieux
ils s'en sortiront. Malheureusement la plupart des jeunes sourds ne savent pas toujours ce qu'ils veulent faire
réellement dans leur vie professionnelle comme la plupart des entendants. Une bonne orientation professionnelle
est essentielle, mais cela exige beaucoup d'informations auxquelles les Sourds n'ont pas accès, car ils
cherchent plutôt des renseignements en rapport/ou compatibles avec leur surdité, cela semble être
une évidence. Connaître ses limites dans la façon de surmonter son handicap auditif est également
une chose très importante, c'est un facteur qui va déterminer le choix professionnel des jeunes sourds.
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