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Préambule

Ce rapport a été rédigé à la suite d’une longue enquête, pour ne pas dire une " Quête du Graal ", avec la participation des membres de CEMIS et de partenaires en Francophonie. Il ne peut se prétendre exhaustif, car les informations précises dans le monde de la surdité sont très difficiles à obtenir et à contrôler, au niveau local comme au niveau national, au niveau européen comme au niveau international. Ceux qui ont pu participer aux travaux des commissions Gillot ne me contrediront pas ! MULTIMEDIA et SURDITE, comment définir l’un et l’autre, l’un par rapport à l’autre ? Pourtant, c’est un secteur particulièrement enthousiasmant, mais où, malheureusement, les initiatives individuelles ne sont guère prises en considération, ni par les sourds eux-mêmes, ni par leurs proches, ni par les professionnels (par pudeur, il ne sera pas question des relations administratives !).

Pour accéder à toutes les sources d’informations en direct ou par Internet, la tâche fut ardue et souvent démoralisante : cela relevait de la recherche de " l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours … ", de la pêche hauturière pour ramener quelques spécimens rares parfois antédiluviens. Alors que les technologies modernes semblent pouvoir résoudre de nombreux problèmes de ce monde très particulier, elles n’y sont pas vraiment exploitées ou, quand elles le sont, cela ne se sait pas. Pourquoi ? Quel est ce monde ? Existe-t-il un " modèle de sourd " ? Que peut-on faire pour eux et avec eux ? Combien sont-ils ? Où ? …

A la question commune et anodine " ça va ? ", la réponse est évidente " oui, très bien ! ", sinon c’est incongru et jette un froid ! En effet, il vaut mieux être bien portant, bien heureux, bien pensant… plutôt que malade, malheureux, mécréant…
Le bien est idéal, le mal…, il faut le prendre en patience. Pour avoir du bien, il faut se donner du mal et bien mal acquis ne profite jamais.

Alors comme le disait Esope pour la LANGUE, le multimédia peut être la meilleure ou la pire des choses... L'outil n'est pas en cause, il n'est qu'un vecteur dépendant des contenus qu'un concepteur y met et d'un utilisateur souvent mal identifié qui pense y trouver son bonheur. L'adéquation de l'offre et de la demande est essentielle pour que la production ait un intérêt. Elle ne sera effective qu'à partir du moment où les deux parties auront une plateforme commune de discussion et d'évaluation en présence de techniciens confirmés et de représentants motivés du service public, pour garantir une déontologie dans ce domaine très sensible puisqu'on touche aux consciences... à distance!

A la question plus grave " c’est entendu ? ", la réponse " oui, bien sûr ! " est sous-entendue, sinon c’est un malentendu … ou un malentendant ! Avec un bon entendeur, on peut dissiper le malentendu, mais il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre …

Alors il est bien difficile de définir la surdité et ses conséquences sur les individus. C’est une déficience sensorielle, qui ne se voit pas ou peu, plus ou moins forte mais qui entraîne un handicap social à double sens : face au sourd, l’entendant est mal à l’aise et évite le dialogue, face à l’entendant, le sourd est frustré : il n’a pas toute l’information, il n’est pas sûr de l’avoir bien comprise, il s’imagine souvent qu’on se moque de lui … Tout ceci ne facilite pas l’insertion dans la société … On se tourne donc vers la Science en espérant qu’elle trouvera une solution miracle pour faire d’un sourd un entendant … et en attendant, on utilise des palliatifs " multimédias " pour les handicapés de la communication que nous sommes tous, plus ou moins !